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09/01/2016

Michel Onfray : « Il y a des gens qui me disent : ''ça n'existe plus, le peuple...'' »

Michel-Onfray.jpg

Six pages d'entretien-choc avec Nicolas Ungemuth :


 

 

Extrait (Le Figaro Magazine, 8/01) :

 

<< ...J'estime que la gauche n'est pas forcément là où on l'attend. J'ai toujours pensé que de Gaulle était un homme de gauche soutenu par la droite (ce qui expliquerait la détestation à son endroit de l'extrême droite), et que Mitterrand était un homme de droite soutenu par la gauche. Quand de Gaulle dit que la politique ne doit pas être faite à la corbeille, c'est de gauche. […] Après 68 il propose un référendum sur la participation... Il parle d'autogestion, c'est quasi proudhonien ! Giscard, naturellement, a fait en sorte que ça ne passe pas... En politique, aujourd'hui, c'est la chute sans fin : nous avions eu le couple de Gaulle-Malraux, aujourd'hui nous avons Hollande-Pellerin. Avant, c'était Sarkozy-Frédéric Mitterrand. Nous sommes tombés bien bas. […] Si être de gauche aujourd'hui, c'est adhérer aux âneries de Najat Vallaud-Belkacem, celle qui n'aime pas les “pseudo-z-intellectuels”, comme elle l'a dit et prononcé alors qu'elle est ministre de l'Education nationale, dans ce cas je ne le suis pas. […] Mais si être de gauche c'est dire “je n'oublie pas le peuple qui s'en prend plein la figure depuis l'euro, depuis l'Europe, depuis le libéralisme et depuis les guerres” (car ce n'était pas Pierre Bergé qui combattait en Irak ou en Afghanistan), alors je suis de gauche. Il y a des gens qui me disent :Ça n'existe plus, le peuple.” D'autres me disent : Ça n'existe plus, le prolétariat.” Et ceux qui livrent des pizzas à 23 heures sous la flotte, quand il fait 7° C ? Et les jeunes filles qui se prostituent pour payer leurs études ? C'est quoi ? C'est la bourgeoisie, peut-être ? >>

 

Et il faut lire le reste : notamment les cinquante lignes sur "l'attractivité du djihad". Onfray y déploie une insolence rare envers les Nouvelles Valeurs de la République...

 

 

onfray

 

16:43 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : onfray

Commentaires

MITTERRAND ET DE GAULLE

> C'est Mitterrand, l'homme de droite, qui a réalisé les avancées sociales dont de Gaule, l'homme de gauche, avait toujours rêvé !

Alezandro


[ PP à A. - Pouvez-vous développer ? ]

réponse au commentaire

Écrit par : alezandro / | 09/01/2016

ONFRAY ET LE CHRISTIANISME

> Dire que Michel Onfray ne laisse pas indifférent se rapporte au poncif.
Le penseur se veut atypique et sa liberté de parole relève du paradoxe entre une notoriété médiatique aux tribunes officielles (n'a-t-il pas une émission estivale régulière sur France-Culture reprenant ses cours de l'Université Populaire de Caen?) et des attaques, plus récentes, de la part de médias nationaux (Libération, Télérama?.....) que le philosophe se plaît à rappeler.
L'autre paradoxe est son anti-christianisme permanent.
Dans une conférence d'avril 2015 mise en ligne sur un blog, le présentateur du débat rappelle "la malfaisance du christianisme" comme thème "très présent" dans son œuvre, http://www.les-crises.fr/on-na-pas-les-epaules-a-30-ans-quand-on-vous-assimile-a-hitler-onfray/ à 2min 05.
Or ce même christianisme est en référence permanente.
Dans cette même conférence M. Onfray parle, dans les premières minutes de son intervention, de "l'éternel présent" dont on connaît l'origine augustinienne.
Et beaucoup dans son discours traduit un arrière-plan chrétien. L'attention aux plus faibles, le peuple, le prolétariat, dans cette critique d'une gauche qui faillit là où elle ne voyait souvent qu'un vivier électoral, porte, quoiqu'il puisse s'en défendre, une marque typiquement évangélique.
Or penser contre le christianisme c'est encore et toujours le penser !

AE


[ PP à AE - Comme le "christianisme" pourfendu par Maurras avant 1900, et comme le "christianisme" pourfendu par Nietzsche, le "christianisme" pourfendu par Onfray n'est pas le christianisme de la foi et de la Révélation ; il suffit de comparer avec le catéchisme catholique pour s'en apercevoir.
Les "christianismes" des christophobes sont :
- soit des formes altérées (le spiritualisme morbide du père de Nietzsche),
- soit des moulins à vent imaginés (pour les besoins de la polémique) par Onfray et les autres.
Dans ce dernier cas, le "christianisme" joue le rôle de contraire symbolique des idéaux de l'auteur.
Ce qui enferme d'ailleurs celui-ci dans une contradiction. Proclamer "Dieu n'est pas", comme le fait Onfray qui se pose en anti-dogmatique, est une posture radicalement... dogmatique. ]

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Écrit par : Albert E. / | 09/01/2016

VOEU

> Qu'est-il arrivé à son voeu de silence ?

BC


[ PP à BC - Cet entretien a été (explique le magazine) véritablement le dernier avant "l'exil médiatique" d'Onfray. La question est : combien de temps durera l'exil ? ]

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Écrit par : Bernard Couture / | 10/01/2016

PROXIMITÉ

> La position d'Onfray montre quelque chose de connu : la proximité entre une pensée alternative de gauche et la doctrine véritable de l'Eglise, celle qui s'appuie sur les Evangiles. Par exemple, il me semble qu'un Jacques Ellul, il n'y a pas si longtemps, était sur cette même longueur d'ondes.
______

Écrit par : jem / | 10/01/2016

Les commentaires sont fermés.